L’horeca est ma passion

C’était inscrit dans l’Accord de gouvernement, mais les fédérations horeca espéraient encore pouvoir y échapper. Vendredi dernier, le Conseil des ministres fédéral a toutefois donné son feu vert à l’interdiction de fumer sur les terrasses, accompagnée de quelques mesures supplémentaires.

À partir du 1er janvier 2027, il sera interdit de fumer et de vapoter sur les terrasses des cafés et restaurants, ainsi que dans leur immédiate proximité. Les fumoirs et les espaces “réservés aux fumeurs” devront également disparaître, tout comme les bars à chicha et clubs de cigares. La Belgique deviendra ainsi le deuxième pays européen à instaurer une interdiction totale de fumer dans l’horeca, après la Suède.

Ces mesures s’inscrivent dans la lutte contre le tabagisme passif, responsable de 20 à 30 % des cancers du poumon dans notre pays. Le secteur médical salue donc cette décision.

Les professionnels de l’horeca, en revanche, affichent beaucoup moins d’enthousiasme. Les fédérations se disent soulagés que l’interdiction n’entre en vigueur qu’en 2027, mais réclament notamment des compensations pour les investissements déjà réalisés dans des fumoirs ou systèmes d’extraction. Ils envisagent aussi des actions et demandent plus de clarté dans la réglementation. Car si le fumeur sera toujours considéré comme responsable, l’exploitant devra mettre en place toutes les mesures nécessaires pour faire respecter l’interdiction. Retirer les cendriers est évident, mais des notions comme “signalisation suffisante” ou “immédiate proximité des terrasses” risquent de prêter à discussion. Et dans quelle mesure un exploitant doit-il lui-même intervenir si un client enfreint la loi ? Les fédérations veulent à tout prix éviter que les cafetiers et restaurateurs ne se retrouvent dans un rôle de “police”. L’incertitude est renforcée par le fait que les autorités locales pourront définir elles-mêmes les règles à appliquer lors de kermesses, braderies et festivals.

Les amendes prévues pour non-respect de l’interdiction iront de 208 à 8.000 euros.

Le projet doit encore être approuvé par le Parlement. Affaire à suivre.

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